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À partir de quelle durée la sédentarité est-elle nocive ?

Un homme travaille à un bureau debout.
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Les recommandations préconisent 150 minutes d’exercice d’intensité modérée à soutenue par semaine afin de réduire le risque de maladie cardiovasculaire. Mais elles n’indiquent pas clairement comment l’inactivité altère la santé cardiaque.

Une nouvelle étude de Mass General Brigham montre qu’une durée de sédentarité supérieure à 10,6 heures par jour augmente le risque de fibrillation auriculaire, de crise cardiaque, d’insuffisance cardiaque et de décès d’origine cardiovasculaire. Cette étude, publiée dans le Journal of the American College of Cardiology, a révélé que ce constat s’appliquait également aux personnes pratiquant la quantité d’exercice recommandée chaque semaine.

« De nombreuses personnes passent plusieurs heures par jour en position assise. Nous voulions comprendre si l'exercice peut contrebalancer les effets du comportement sédentaire », déclare Shaan Khurshid, MD, MPH, un électrophysiologiste cardiaque de Mass General Brigham qui soigne des patients au Massachusetts General Hospital. « Dans l’ensemble, nos résultats montrent qu’il est important d’éviter une sédentarité excessive pour préserver la santé cardiovasculaire, que l’on soit physiquement actif ou non. »

Combien de temps la plupart des personnes restent-elles sédentaires ?

Le Dr Khurshid a récemment mené une étude portant sur près de 90 000 personnes qui ont porté un bracelet de suivi d’activité pendant une semaine. Les chercheurs ont recueilli des données sur la durée et l’intensité de l’exercice, ainsi que sur le temps passé en position sédentaire. Le temps sédentaire correspondait à toute période d’éveil passée en position assise, inclinée ou allongée et nécessitant peu d’énergie. Le sommeil et la station debout n’étaient pas comptabilisés comme du temps sédentaire.

La durée moyenne de sédentarité était de 9,4 heures par jour. Les chercheurs ont réparti les participants en quatre groupes de taille égale :

  • Le groupe le plus sédentaire passait en moyenne plus de 10,6 heures par jour en position sédentaire.
  • Le groupe suivant y passait entre 9,5 et 10,6 heures par jour.
  • Un autre groupe y passait entre 8,2 et 9,4 heures par jour.
  • Le groupe le moins sédentaire y passait en moyenne moins de 8,2 heures par jour.

« Une durée totale de 10,6 heures peut sembler considérable. Mais pensez à une personne qui travaille assise à un bureau, puis regarde un peu la télévision le soir. Cette durée est rapidement atteinte », explique le Dr Khurshid. « Aux États-Unis, la durée moyenne estimée est de 9,5 heures par jour. Une durée de 10,6 heures est donc supérieure à la moyenne, mais elle correspond bien aux habitudes de nombreuses personnes. »

Effets de la sédentarité sur le risque cardiovasculaire

L’étude a ensuite déterminé combien de participants avaient développé quatre affections cardiovasculaires précises au cours des huit années suivantes. Elle a révélé que les personnes les plus sédentaires, qui restaient assises plus de 10,6 heures par jour, présentaient un risque accru de développer quatre affections cardiaques majeures :

  1. Fibrillation auriculaire (FA): La fibrillation auriculaire est l'une des arythmies les plus courantes. Elle peut entraîner la formation de caillots sanguins, un accident vasculaire cérébral, une insuffisance cardiaque et d’autres complications.
  2. Insuffisance cardiaque : En cas d’insuffisance cardiaque, le cœur ne fonctionne pas aussi efficacement qu’il le devrait. Cette affection peut empêcher le reste de l’organisme de recevoir l’oxygène dont il a besoin.
  3. Infarctus du myocarde (crise cardiaque) : Cette urgence médicale survient lorsque la circulation du sang vers le cœur est bloquée, ce qui empêche le cœur de recevoir suffisamment d’oxygène.
  4. Mortalité cardiovasculaire : L’étude a également examiné le nombre de personnes décédées de causes cardiaques.

Les résultats étaient particulièrement marqués pour l’insuffisance cardiaque et les décès d’origine cardiovasculaire. Les personnes les plus sédentaires présentaient respectivement une augmentation du risque de 40 % et de 60 %. Plus une personne dépassait le seuil de 10,6 heures par jour plusieurs jours par semaine, plus son risque de développer les quatre affections cardiovasculaires étudiées était élevé.

L’activité physique est bénéfique, mais elle ne compense pas entièrement les risques associés à une sédentarité excessive. Même si vous êtes physiquement actif, il reste donc important de réduire le temps passé en position sédentaire.

Shaan S. Khurshid, MD, MPH

  • Électrophysiologiste cardiaque, Mass General Brigham

Une sédentarité excessive altère la santé cardiaque, même lorsque vous respectez les recommandations en matière d’exercice.

Il est intéressant de noter qu'une importante sédentarité augmente le risque de problèmes cardiaques, même chez les personnes qui effectuent l'exercice recommandé chaque semaine.

« L’activité physique est bénéfique, mais elle ne compense pas entièrement les risques associés à une sédentarité excessive. Même si vous êtes physiquement actif, il reste donc important de réduire le temps passé en position sédentaire », explique le Dr Khurshid.

Il souligne que le remplacement de la sédentarité par n’importe quelle autre activité réduit le risque.

« Nous avons étudié les personnes du groupe le plus sédentaire et analysé l’évolution de leur risque lorsqu’elles remplaçaient la sédentarité par une autre activité. Même une activité légère était bénéfique. Toute activité autre que la sédentarité peut convenir, par exemple marcher, rester debout ou simplement bouger », explique le Dr Khurshid. « Nous avons observé une diminution du risque d’insuffisance cardiaque et de décès d’origine cardiovasculaire. Notre étude montre donc qu’intégrer davantage d’activité dans votre journée peut contribuer à réduire votre risque. »

Le Dr Khurshid espère que ces résultats encourageront les personnes à apporter de petits changements et à adopter des habitudes saines de la manière qui leur convient le mieux. Il a récemment mené une étude, publiée dans la revue Circulation, montrant que « les guerriers du week-end » présentent un risque nettement plus faible de 264 maladies que les personnes inactives. L’étude a révélé que concentrer l’activité physique en séances plus longues sur un ou deux jours par semaine est tout aussi bénéfique que de la répartir plus uniformément sur l’ensemble de la semaine.

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